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»» La légende de Saint Léobard

Croix St léobard

 

Saint local et pastoral qui selon toute vraisemblance vécut ici au XIII siècle.

Contemporain de Saint Roch, il était toujours flanqué de sa vache et de ses brebis, comme l’autre saint de son chien.

Notre homme vivait en ermite, dans un vallon prés d’Ourzeaux se contentant d’une cabane, prés d’une fontaine marquée aujourd’hui d’une croix. Ah, ce ne devait pas être drôle l’hiver quand l’écir soufflait sur ce plateau. Mais peut-être puisait-il quelque courage dans ses prières et la mortification.

Pauvre, hormis sa vache et ses trois brebis, oh certes il l’était : il n’avait pas de champs, pas de blé, donc pas de pain. Il passait sa journée en prières au milieu de son troupeau ne travaillant pas. Et ici à Ourzeaux, il était tenu pour un oisif, un fainéant qui méritait bien son sort peu enviable.

 

Son pain, Léobard avait pris l’habitude de se le procurer en faisant du porte à porte. Dans les localités alentour, il était généralement bien reçu, surtout dans la vallée de la Doire en dessous d’Ourzeau. Quand il visitait Saint-Cernin, Le Cambon, Saint Martin Valois, Marzes, Tournemire, Anjony, c’était pour lui jour de fête. Les gens y étaient charitables et il revenait à Ourzeau le ventre plein et la besace débordant de victuailles.

Mais dans son village, ce n’était pas la même affaire. Les viragos le regardaient d’un mauvais œil, le tenant pour un paresseux sans dignité, préférant la mendicité à la besogne. Et pourtant, ce n’était pas un serf, mais un saint ; les femmes n’allaient pas tarder à s’en apercevoir au dépend de leur dureté de cœur : « au lieu de prier la nuit et le jour, ce fainéant d’ermite serait mieux occupé à semer son blé sur un coin communal ! »

Une fois de plus, nul n’était prophète en son pays, et ces chipies tenaient à le lui faire savoir. Après avoir tenu assemblée, elles décidèrent que lorsqu’il passerait à leur porte pour obtenir quelque pitance, elles lui verseraient sur la tête de l’eau bouillante, rien de moins, afin de le détourner à jamais de sa manie.

Ce qui fut fait et le pauvre homme après avoir reçu « sa pâtée » sous cette forme, à chaque porte, eut la tête toute brûlée. Etre saint, c’est bien, mais l’on n’en est pas moins homme et tel les dieux antiques, il décida de se venger. Et de façon éclatante.

Léobard invoqua les cieux et fit tomber sur Ourzeau de l’eau boueuse, sans discontinuer durant 40 jours et 40 nuits. Un vrai déluge, sans soleil du tout, longue pénitence pour les viragos qui elles, qui elles avaient fait pleuvoir sur lui de l’eau bouillante.

Cette histoire n’allait pas sans perturber les cultures, les animaux ne pouvaient plus sortir, l’herbe pourrissait. Devant cette situation désastreuse qui s’éternisait, les femmes d’Ourzeau se décidèrent à montrer leur repentir et supplièrent Saint Léobard de les pardonner, de leur ramener le soleil. Elles pleuraient à fendre l’âme, ce qui ne faisait pas beaucoup de bruit car il leur en restait si peu ! Le bon ermite releva ces malheureuses de leur faute et laissa revenir le soleil dans toute sa splendeur, lourd de toutes ces richesses prometteuses de bonnes récoltes et de bonne herbe pour les troupeaux.

Mais l’astre du jour se mit à chauffer très fort. Et très longtemps : pendant 40 jours, pas un nuage n’obscurcit l’horizon. La terre suait, puis se craquelait, les épis séchèrent sur pied, l’herbe et l’eau devinrent rares pour les troupeaux. Tant et si bien que les villageoises revinrent se plaindre à l’ermite. Et l’habitude fut prise.

Ainsi naquit la légende de Saint Léobard, ce saint si bon qui fait la pluie et le beau temps quand on lui demande. Il y a quelques dizaines d’années, on se rendait encore en procession à la fontaine de saint Léobard pour supplier l’ermite de faire tomber la pluie en cas de sécheresse. On y revenait tout aussi bien en procession pour lui demander le beau temps. Et il parait qu’il donnait satisfaction à chaque fois. Malgré ces bienfaits, la coutume s’est perdue.

Pas la fontaine cependant, bien que désertée par les hommes, elle étanche toujours la soif des animaux. Mais bien peu de personnes pourraient aujourd’hui vous y conduire. Anonyme qu’elle est parmi les autres sources qui jaillissent sur le plateau ponctué de nombreuses croix.

Récit tiré de « Contes et Légendes pour de longues veillées d’hiver

 

 

 

10, rue de la Mairie
15310 Saint-Cernin
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Du Lundi au Vendredi : de 09h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00
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